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Loi sur la concurrence et rétributions des courtiers : ce que les consommateurs doivent savoir

RE/MAX Québec

4 mins

Lorsqu’un propriétaire décide de vendre sa maison ou lorsqu’un acheteur souhaite être accompagné dans ses démarches, une question revient souvent : combien coûte les services d’un courtier immobilier? Plus précisément, certaines personnes se demandent qui fixe le pourcentage de rétribution et sur quelles bases est-il établi.

Pour répondre à ces questions, il est utile de comprendre le rôle de la Loi sur la concurrence, une loi fédérale canadienne qui vise notamment à protéger les consommateurs en favorisant une concurrence saine entre les entreprises.

Pourquoi la concurrence est-elle importante?

Dans une économie de marché, la concurrence permet aux consommateurs de bénéficier d’un plus grand choix de services, d’une meilleure qualité de service et de prix concurrentiels. Lorsqu’une entreprise doit rivaliser avec d’autres pour attirer des clients, elle est généralement incitée à offrir une meilleure valeur.

Le secteur du courtage immobilier n’échappe pas à cette réalité. Chaque courtier doit convaincre ses clients que ses services, son expertise, son accompagnement et sa stratégie de mise en marché justifient la rémunération qu’il demande.


Les courtiers immobiliers sont des concurrents

Une réalité souvent méconnue du public est que les courtiers immobiliers, même lorsqu’ils travaillent sous une même bannière reconnue, demeurent des entreprises indépendantes au sens de la Loi.

Par exemple, plusieurs courtiers peuvent exercer leurs activités au sein de la même bannière immobilière, partager certains outils, bénéficier d’une image de marque commune ou suivre des formations similaires. Toutefois, cela ne signifie pas qu’ils opèrent comme une seule entreprise. Chaque courtier demeure responsable de ses décisions commerciales, de sa stratégie d’affaires et de la fixation du prix de ses services.


Les rétributions sont librement négociées

Contrairement à une croyance répandue, il n’existe pas, au Canada, de taux de commission obligatoire ou imposé par l’industrie immobilière.

Chaque client est donc libre de discuter avec un ou plusieurs courtiers afin de comparer les services offerts et les conditions proposées. De son côté, chaque courtier est libre de présenter son modèle d’affaires et la valeur de ses services.

Autrement dit, le montant de la rétribution demandé par un courtier doit résulter d’une décision indépendante prise par le courtier et négociée librement et directement avec son client.


Pourquoi les discussions sur les rétributions peuvent-elles poser problème?

La Loi sur la concurrence contient des dispositions visant à empêcher les entreprises concurrentes de coordonner leurs prix. L’article 45 de la Loi interdit notamment les ententes entre concurrents ayant pour objet de fixer, maintenir, augmenter ou contrôler les prix. L’article 90.1 de la Loi prévoit également qu’un accord ou un arrangement entre concurrents qui empêche ou diminue sensiblement la concurrence est également interdit. Ces interdictions existent parce que lorsque des concurrents s’entendent sur leurs tarifs, les consommateurs perdent les avantages que procure normalement une saine concurrence.

Il est également important de comprendre que les règles prévues par la Loi sur la concurrence ne constituent pas de simples recommandations. Les entreprises et les individus qui participent à des comportements anticoncurrentiels s’exposent à des conséquences potentiellement importantes.

Certaines personnes pourraient se demander pourquoi des organisations immobilières sensibilisent leurs membres aux risques associés aux discussions portant sur les rétributions. La réponse est relativement simple : il s’agit d’une mesure de prudence destinée à assurer le respect du droit de la concurrence.

L’objectif n’est pas d’empêcher les courtiers d’offrir des prix différents ou de développer des modèles d’affaires innovants. Au contraire, le but est de préserver leur indépendance commerciale afin que chacun puisse déterminer librement sa rémunération et faire concurrence aux autres acteurs du marché.

Cette approche favorise un environnement sain où les consommateurs peuvent bénéficier d’offres diversifiées et adaptées à leurs besoins.


La protection des consommateurs au cœur de la démarche

Du point de vue du droit de la concurrence, un marché où chaque courtier détermine librement ses honoraires et négocie directement avec ses clients est généralement considéré comme favorable aux consommateurs. Ce modèle permet l’existence de différentes approches d’affaires, de différents niveaux de service et de différentes structures de rémunération.

Un consommateur peut ainsi choisir le professionnel qui répond le mieux à ses attentes, qu’il privilégie l’expérience, l’accompagnement personnalisé, les outils technologiques, la portée du marketing ou le coût des services.

L’élément essentiel est que cette décision résulte d’une véritable concurrence entre professionnels indépendants et non d’une coordination entre eux.


En conclusion

La Loi sur la concurrence joue un rôle important dans le secteur immobilier en veillant à ce que les courtiers demeurent libres et indépendants dans la détermination des tarifs en lien avec leurs services. Les rétributions ne sont pas imposées par l’industrie et sont négociées librement entre chaque courtier et son client.

Les précautions entourant les discussions sur les taux de rétributions ne visent pas à limiter la concurrence, mais plutôt à la protéger. En évitant les échanges susceptibles d’influencer les prix du marché, on favorise un environnement concurrentiel où les consommateurs peuvent comparer les offres, négocier les conditions qui leur conviennent et faire un choix éclairé en fonction de leurs besoins.



En définitive, la concurrence est un mécanisme de protection des consommateurs, et le respect de ses règles contribue à maintenir un marché immobilier dynamique, transparent et équitable.

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