Le béton structure nos maisons, nos routes, nos barrages et nos villes. Sa durabilité et son coût relativement faible en ont fait un pilier du développement moderne. Le problème : la production du béton, et plus précisément du ciment, génère une quantité importante d’émissions de gaz à effet de serre.
Dans un contexte où le secteur du bâtiment est appelé à réduire rapidement son empreinte carbone, il devient essentiel d’aller au-delà de la facilité et de trouver des solutions concrètes.
Substituts cimentaires, nouveaux types de béton, bois d’ingénierie, matériaux biosourcés ou recyclage : plusieurs avenues sont accessibles !
Pourquoi le béton pollue-t-il autant ?
La fabrication du ciment (le liant principal du béton) représente une part considérable des émissions mondiales de CO₂ : on estime qu’elle cause environ 8 % des émissions humaines totales.
Deux mécanismes expliquent l’essentiel des émissions liées au béton.
- D’abord, la réaction chimique : la transformation du carbonate de calcium en chaux dégage du CO₂, indépendamment du combustible utilisé.
- Ensuite, la combustion d’énergies fossiles pour atteindre les ~1 450 °C nécessaires à la cuisson du clinker (il s’agit d’un matériau dur en forme de nodule qui est essentiel à la fabrication du ciment). Le résultat : une grande partie de l’empreinte carbone d’un béton est proportionnelle à la quantité de ciment dans le mélange.
Tout ça est très technique! Mais, en d’autres mots, diminuer le clinker, c’est diminuer le CO₂.
Alternatives techniques concrètes
Réduire l’impact du béton ne veut pas dire arrêter de construire. Cela signifie surtout changer la façon dont on le fabrique et les matériaux qu’on utilise. Voici des solutions concrètes :
1. Mettre moins de ciment dans le béton (la solution la plus simple)
Comme dit plus tôt, le ciment est la partie la plus polluante du béton. Bonne nouvelle : on peut en utiliser moins, sans nuire à la solidité.
Comment? En remplaçant une partie du ciment par des matériaux déjà existants, comme :
- des résidus de centrales électriques,
- des sous-produits de l’industrie métallurgique,
- certaines argiles transformées.
Résultat :
- jusqu’à 30 % moins d’émissions de CO₂,
- un béton qui reste fiable pour de nombreux usages résidentiels,
- une solution déjà utilisée au Québec.
En résumé : même béton, mais avec une recette améliorée.
2. Le béton nouvelle génération (géopolymère)
Ici, on va encore plus loin : on réinvente complètement la recette du béton en utilisant très peu (ou pas du tout) de ciment traditionnel.
Avantages :
- empreinte carbone beaucoup plus faible,
- valorisation de déchets industriels.
Limites :
- plus coûteux,
- moins connu des entrepreneurs,
- encore peu utilisé dans la construction résidentielle.
C’est prometteur, mais pas encore la norme pour les maisons.
3. Le bois massif : une vraie alternative au béton
Dans certaines parties d’une maison (planchers, murs porteurs, structures), le béton peut être remplacé par du bois d’ingénierie.
Pourquoi c’est intéressant?
- le bois emmagasine le carbone au lieu d’en produire,
- le Québec en produit localement,
- l’impact environnemental est souvent plus faible.
À surveiller :
- la gestion de l’humidité,
- les normes de sécurité incendie,
- la durabilité selon l’usage.
Une option de plus en plus populaire, surtout pour les constructions modernes et écologiques.
4. Les matériaux biosourcés : isoler autrement (chanvre, par exemple)
Le chanvre mélangé à de la chaux (hempcrete) n’est pas du béton porteur (c’est-à-dire qu’il ne peut être utilisé pour faire des structures solides), mais il est excellent pour :
- l’isolation,
- la régulation de l’humidité.
Avantages :
- très faible impact environnemental,
- confort intérieur accru.
5. Recycler le béton existant (logique et efficace)
Au lieu de jeter le béton démoli :
- on le concasse,
- on le réutilise pour les fondations, les chemins, les remblais.
Avantages :
- moins d’extraction de gravier,
- moins de déchets,
En résumé, le béton n’est pas « le méchant absolu », mais il doit évoluer pour le bien de notre environnement. En tant que propriétaire, vous avez un pouvoir, notamment en choisissant un entrepreneur en construction qui utilise des techniques plus écologiques.

