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Histoire : les côtés cachés de la BD au Québec

RE/MAX Québec
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La 32e édition du Festival Québec BD aura lieu du 6 au 14 avril 2019 dans la capitale. Vous êtes fan du 9e art? Saviez-vous que la bande dessinée a été un outil de révolution, a participé à la naissance de la fierté québécoise et est un symbole de persévérance? Phare sur son histoire fascinante.

Onésime, L'agent Jean, Magasin général, Baptiste et Mile End, toutes des bandes dessinées de créateurs d'ici, d'hier à aujourd'hui, qui nous prouvent par leur popularité que ce genre littéraire a toujours eu la cote, autant chez les petits que les grands. Mais saviez-vous qu'à ces débuts, cet art était peu valorisé? Si bien, que sans quelques pionniers, la BD d'ici n'aurait pas le rayonnement qu'elle a aujourd'hui dans la Belle Province et à l'international. Parmi eux, un homme qui n'avait pas peur de faire tomber les barrières : Albert Chartier.

Un pionnier qui n'a pas froid aux yeux

Albert Chartier est né en 1912, à Montréal. Son père est un voyageur de commerce et se rend régulièrement aux États-Unis pour son travail. À la maison, sa famille parle autant français qu'anglais, ce qui permet au jeune homme d'espérer un avenir plus tendre. À l'époque, les Canadiens français avaient peu de chance de se sortir de la misère. Grâce à son bilinguisme, Chartier fait des études anglaises, puis, a la chance d'être engagé par une compagnie d'assurances. Toutefois, le futur bédéiste est ennuyé par les chiffres. Ce qui l'intéresse est le dessin. Bien que tous lui dictent de conserver son emploi bien rémunéré, il lâche tout pour étudier les Beaux-Arts. Encore là, il ne se sent pas à sa place : tout est trop rigide et conservateur. Mais surtout, le dessin n'est pas une expression artistique valorisée. Et il fait savoir son mécontentement! Albert Chartier déplore haut et fort l'injustice et tente de sensibiliser les gens au fait que le dessin demande autant de dextérité et de talent que la peinture. En 1935, il crée Bouboule et c'est le succès. L'artiste a en quelque sorte gagné son pari, puisqu'il pu vivre de son art jusqu'à sa mort, en 2004.

Des illustrations qui redorent notre image

À une certaine époque, le Québécois moyen était peu fier de sa culture, notamment face aux Américains qui occupaient habituellement les postes de patrons dans les entreprises montréalaises. Sur scène, au théâtre et à la télé, un français léché était utilisé : l'accent québécois suscitait une certaine honte. La BD a, d'une certaine façon, contribué à un changement de mentalité. C'est au milieu du XXe siècle qu'on nous montre enfin du contenu de divertissement qui nous ressemble davantage, notamment la série télé Les Belles Histoires des pays d'en haut de Claude-Henri Grignon et plus tard, la pièce Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay. Au fil des ans, les bédéistes aussi s'y mettent. On peut penser à Albert Chartier qui, par sa bande dessinée Onésime, dépeignait la vie rurale des Québécois et l'évolution de leurs mentalités. Ou encore, au mythique personnage du Père Ladébauche qui a même changé de traits au courant de sa vie par élan de patriotisme. Lors de sa création en 1879, il était dessiné comme un bourgeois à chapeau melon, puis, il a peu à peu pris l'apparence d'un Canadien français typique, qui fumait la pipe et portait la ceinture fléchée.

Quand la BD participe à une révolution

Le 9e art est aussi au coeur de la Révolution tranquille des années 1960. La BD devient un outil d'expression pour contester la société moderne. On déplore son côté oppressant et on dépeint des réalités plus noires. Ces histoires illustrées cinglantes paraissent dans des revues aux propos rebelles comme Ma(r)de in Québec, La Pulpe ou L'Hydrocéphale illustré. Au passage, ces ouvres qui n'ont pas peur de déranger font naître un nouveau style de magazine au Québec qui mélange l'humour et les illustrations. Notamment Croc, fondé en 1979, qui a fermé ses portes en 1994, ou encore, Safarir qui a cessé ses activités en 2016, ou Délire, toujours publié malgré les difficultés du marché.

Encore aujourd'hui, l'univers de la BD n'est pas autant valorisé que celui d'arts officiels comme la peinture ou la sculpture. Cependant, pour plusieurs artistes et bédéphiles, la BD mérite une place de choix. D'ailleurs, en connaissant son histoire, on ne peut que l'apprécier davantage. Avouez que vous ne verrez plus jamais les bandes dessinées de la même façon!

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